Si Michelle Obama née Miss Robinson a de l’intuition, elle l’a certes mise de côté le jour où elle a rendu sa thèse de sociologie.
Laquelle porte sur la façon dont les noirs s'imprègnent de la structure
sociale et culturelle blanche, à une époque où la jeune Michelle, très marquée par son environnement direct, se sent «comme une visiteuse» à la faculté où les blancs sont
majoritaires.
Elle y explique comment les étudiants noirs s'imprègnent de la"structure sociale et culturelle blanche" au fil de leurs années d'études et s'identifient de moins en moins à leur communauté d'origine. Sa conclusion est que son diplôme de Princeton lui permettra tout au plus de s'installer à la "périphérie de la société", jamais d'en "devenir une participante à part entière".
Aujourd’hui propulsée au rang de first (black) lady d’un pays qui veut se définir comme le plus puissant du monde, classée par Vanity Fair parmi les 10 femmes les mieux habillées au monde, l’ex Miss Robinson s'impose aujourd'hui comme une figure essentielle de la vie publique américaine, voire planétaire.
« L’ anomalie statistique » selon ses propres terme, la fille noire, élevée dans le South Side de Chicago qui « ne devrait absolument pas être là », l'incarnation parfaite de
l' "American dream" devient aujourd'hui le miroir d'une Amérique dynamique, prête au changement et permet à des millions de femmes de se s'identifier à elle.
Son discours réaliste sur les galères de la femme moderne qui jongle à longueur de journée entre métier, maison et marmots a fait mouche. Elle qui a étudié le marketing dans le cadre de ses études de droit, sait comment parler à l’électorat féminin.
Lorsqu’ on lui dit qu'elle sera First Lady, elle répond comme un réflexe : «Mon premier titre, c'est maman en chef.»
Elle sait aussi contrebalancer le côté élitiste de son mari et parler à la communauté noire. Elle évoque beaucoup son père atteint de sclérose en plaques. «Comme tous les Américains, après une longue vie faite de travail et de sacrifice, il voulait juste être fier de lui. Etre fier de ce qu'il avait accompli, regarder derrière lui et prendre sa retraite avec respect et dignité.» A travers lui, elle parle des Noirs, de leurs problèmes, des inégalités qui persistent dans la société américaine.
Celle que Barack Obama appelle son « roc », qui équilibre par son pragmatisme l’idéalisme de son mari, a été de tous les combats du nouveau président, c'est la force qui le pousse à aller de l’avant.
Lorsqu’on lui pose l’ultime question de la campagne présidentielle, celle de son futur rôle de first lady, elle répond : "M'occuper de mes filles pour être sûre qu'elles s'adaptent bien à la Maison-Blanche."
En résumé « here’s the point » : une femme de caractère, qui a un job, des enfants, et qui pousse et soutient son mari : oui, décidément, nous sommes toutes un peu des Michelle Obama.
Quant à moi, j’ai suivi cette campagne avec grande attention. Ultra blanche de peau, j’ai
un fils métis, et les 86% d’intention de vote virtuel des français pour Obama me font doucement rigoler (jaune) : mon fils s’est encore hier fait traiter de
« Mamadou » dans le Franprix du coin. C’est dire s’il est content de l’élection d’Obama.
Peut-être devrions-nous changer d’épicerie ? Ou envisager sérieusement d’aller nous installer aux Etats-Unis…
Les biographie rapides de Micelle Obama sur la toile de ce jour
Celle du journal Le Monde
Celle de Libération.
Le blog MichelleObamaWatch.
Un dossier complet sur Michelle Obama sur neewsweek.
Les dernières pages de RFI sur l’élection d’Obama.
La dernière note de l'écrivain Alain Mabanckou sur l'élection d'Obama
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