C'est Roselyne Bachelot,
qui, semble-t-il, a lancé la polémique, reprenant à son compte une « vieille » étude de 2007 juste au moment de la discussion du projet de loi "Hôpital, patients,
santé et territoires".
Laquelle étude, provenant de l'Ican indique que les boissons alcoolisées sont un facteur
augmentant les risques de cancer. Dimanche dernier, la ministre de la Santé a repris les conclusions de l'Inca à son compte en déclarant tout net que "le risque de cancer apparaît dès le
premier verre de vin".
Faux ! Pourraient rétorquer au moins deux scientifiques de renommée internationale, le cardiologue Michel de Lorgeril et la diététicienne
Patricia Salen, si l'on en croit leur livre, Alcool, vin et santé. Leur ouvrage fait
le point des connaissances sur les effets qu'ont sur la santé l'alcool en général et le vin en particulier.
Les auteurs, après analyse globale des données scientifiques actuellement disponibles,
concluent que le vin est protecteur s'il est consommé avec modération (ce qui est quand même le cas de 90% de la population en France). Et plus, il serait non seulement protecteur
contre les maladies cardiovasculaires, mais aussi contre certains cancers s'il est consommé de concert avec une alimentation proche de la diète méditerranéenne.
Alors, qui croire ? La réponse est simple : tout le monde a raison. Le
problème se situe du côté des médias, qui rediffusent une information biaisée, comme floutée et sans manque de distance critique et objective, et du côté des politiques, qui utilisent
l'information scientifique à des fins politiciennes, reprenant ainsi la bonne vieille approche
Aristotélicienne de la rhétorique ; l'information en question a tout simplement été sortie de son contexte.
Celle des conclusions d'un organisme strictement ciblé sur le cancer, qui donne
objectivement les résultats de recherches... qui n'obèrent pas le fait que d'autres résultats, dans d'autres contextes d'étude, vont dans un sens différent... Ce qui ne remet nullement en
cause les résultats de cet organisme. (Vous suivez ?)
Le propos est bien là : en science, tout n'est pas noir ou blanc. Les
résultats des données de différentes expériences peuvent se superposer sans forcément oblitérer ceux des autres études.
On connaît ce concept depuis la découverte et l'expérimentation de la physique quantique, celle-là même qui, selon la fameuse expérience du chat de Schrödinger, indiquait que, dans un monde microscopique, un chat peut être mort et vivant à la
fois.
Dans ce contexte désolant de gouvernance, il ne serait peut-être d'ailleurs pas inutile de
commencer à songer à l'émergence d'une hyperscience, comme le propose
Jean-Paul Baquiast sur l'excellent site qu'il alimente (automatesintelligents.com).
Reste le fait qu'en conséquence de l'offensive de la ministre sur le vin, le web voit rouge, comme le souligne rue89.
Les internautes (journalistes, blogueurs et autres citoyens) hurlent littéralement contre
cette idée d'interdiction, criant à la censure et à la coercition.
Un vent de révolte souffle également du côté scientifique. Le site Santé et psychothérapie pose la question : « Institut national du cancer: Avons-nous les experts les
plus nuls au Monde ? » et le Professeur Bernard Debré (de l'Hôpital Cochin) s'insurge sur le même site : « C'est scandaleux de publier des choses pareilles. Tout
cela inquiète l'opinion publique et me choque profondément. Hier encore, les études mettaient en exergue le bénéfice d'une consommation modérée de vin pour lutter contre les maladies
cardio-vasculaires. Le revirement, auquel on assiste, traduit une volonté d'hygiénisme bien pensante. »
L'excellent site lanutrition.fr interviewe le Dr Jean-Michel Lecerf, qui cumule les fonctions de Chef du Service de Nutrition à l'Institut Pasteur de Lille, Spécialiste en
endocrinologie et maladies métaboliques, Professeur associé à l'Université des Sciences et Technologies de Lille et de Consultant au Centre Hospitalier Universitaire de Lille. Lequel nous indique
que « La consommation modérée
de vin a des effets positifs ».
Sous l'article figure même une incitation à acheter le guide Hachette du vin, qui m'évoque
fort ma fille tirant la langue à de méchants passants !
Mais c'est le très sérieux journal british the Times, qui donne le dernier mot en citant
Xavier de Volontat, le président de l'association des producteurs de
vins : "The extremists must not be allowed to take consumers hostage . . . Wine consumption has dropped by 50 per cent over the last 20 years in France but cancer has increased. You have
to admit, that's a paradox."
Le Midi Libre donne d'ailleurs une interview dudit président qui tire à boulet rouge sur
l'étude.
Il faut bien reconnaître qu'objectivement, entre polonium 210 et crèmes hydratantes avec cancer intégré, nous n'avons que l'embarras du choix côté pourvoyeurs de
cancers.
Les générateurs de cancers en puissance sont bien là et même distribués en gros depuis 40 ans dans les maternités françaises sans que cela ait l'air d'inquiéter beaucoup de
monde.
Heureusement, nous, consommatrices (sur)informées, savons qu'on peut cuisiner des
recettes anti cancer facilement au quotidien, même aidées en cela par
certains fabricants alimentaires qui sentent le vent tourner et nous proposent les fameux biscuits anti cancers, qui comportent d'ailleurs... de l'extrait de vin rouge. (Ils ne sont pas encore arrivés
jusqu'en France, mais ça ne saurait tarder).
Alors, moi, je vous le dis, rien de tel qu'une bonne hygiène de vie... et un petit verre de
vin pour garder la santé !
Les bonnes adresses pour trouver du bon vin sur internet sont ici.
Louis Pasteur l'affirmait déjà en 1866: le vin, c'est bon pour la santé. Des études
actuelles le confirment, mais vont aussi au delà. Les chercheurs s'intéressent beaucoup aux antioxydants présents...
PS Désolée pour la longueur de ce billet, mais l'enjeu est de taille ! Un verre de
vin, tout de même !
Crédit photo : wikimedia - licence CC
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