Mainmises : l’artiste Lucie Duval expose les petites mains chinoises

Publié le par Miss Desperate


Au cas où on ne l’aurait pas remarqué, rappelons un fait : mondialisation oblige, tout se fabrique à moindre coût en Chine au détriment des travailleurs d’ici (et d’ailleurs). Un véritable détournement de main d’œuvre et une main mise sur de nombreux savoirs faire.

 

L’artiste conceptuelle Lucie Duval fait une mise en lumière esthétique de ce détournement dans une exposition à la galerie Isabelle Gounod, « Mainmises ».


 



Prenant pour base les simples gants blancs de travailleurs (maçons, ouvriers, etc.) fabriqués en masse par les petites mains chinoises, Lucie Duval a créé un ensemble de sculptures d’audacieux vêtements inspirés de la haute couture, milieu des petites mains s’il en est.

 

Comme l’artiste aime détourner les objets et les mots de leur fonction première, on trouve en surimpression des mots accompagnés de deux traductions possibles. L’ensemble offre tout un univers de significations contradictoires, à l’image de ces gants de travailleurs.

 

Ingenieure à ses heures, Lucie Duval est une artiste définitivement engagée qui utilise toutes les dimensions du langage et tire les ficelles de la sémiotique pour mieux attirer notre attention sur une époque contemporaine dans tous ses états.

 

Suprême finesse dans le détail : les gants qui, pris isolément, sont plutôt d’une couleur grisée peu lumineuse, semblent s’illuminer une fois assemblés et mettent en valeur des formes d’un blanc maculé.

Ultime image rappelant celle des sportifs des derniers jeux olympiques dans la représentation de clôture, tellement symbolique de la culture chinoise : une multitude d’athlètes oeuvrant ensemble pour la création d’une forme harmonieuse, tant dans son esthétique, que dans son mouvement et sa musique. Le sublime de l’esthétique pour mieux dénoncer le sordide.

 

Bien vu, Lucie !

 

Exposition jusqu’au samedi 13 décembre 2008. Galerie Isabelle Gounod, 13 rue Chapon Paris 3è.

 

 

Quant aux ouvrières chinoises, on connaît leurs conditions.

 

 

Le quotidien d'ouvrières chinoises
Vidéo envoyée par buffalox

Le quotidien épouvantable, filmé clandestinement, d'ouvrières chinoises au travail dans une usine textile dont les produits sont destinés au marché occidental. (Extrait du documentaire "China Blue")

 

 

 

 

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réa 18/11/2008 13:32

les créations de cette artistes sont bluffante, et la vidéo est afligeante

Guylaine 18/11/2008 13:37


oui, c'est un bon résumé !