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Jeudi 8 mai 2008
Ma belle-soeur m'a fait une jolie surprise le week end des vacances de pâques. Elle m'a confié sa fille sans me prévenir que celle-ci, ma nièce, donc, 18 ans cette année, est anorexique depuis 3 mois !

J'ai découvert l'affaire quand le cousin de ladite nièce (le fils de l'autre grande soeur de mon homme, vous suivez ?), m'a appelée catastrophé. Ils habitent comme nous dans la capitale et ma nièce et son frère, (mon filleul, vous suivez toujours ?), venaient de passer la première semaine de vacances, chez eux, avant d'arriver chez nous.

La nièce en question était aux toilettes en train d'essayer de se faire vomir, et le môme (18 ans aussi) était paniqué, culpabilisant de ne pas avoir su l'empêcher. Ses parents étaient partis pour le week end, sachant que je récupérais « les cousins de province » le samedi soir ou le dimanche matin.

Je réagis donc au quart de tour, en femme (n'est-ce pas) habituée à prendre des décisions rapides.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Tu me les envoies immédiatement à la maison. Ils est hors de question qu'ils restent chez vous quand tes parents ne sont pas là. C'est une trop grande responsabilité pour toi.

- OK me répond avec grand soulagement mon neveu (le cousin de ladite nièce, donc, vous suivez encore ?). Il avait prévu une soirée copains à la maison et j'ai senti qu'il ne se voyait aucunement la passer avec une cousine si encombrante !

Dans tous les cas, ce n'était pas à lui de prendre la responsabilité d'une cousine dans un tel état !

- Mais appelle sa mère, compléta-t-il, j'ai l'impression qu'elle est à l'ouest sur le sujet !

Illico, j'appelle ma belle soeur, la mère de la nièce donc, pas très contente de ne pas avoir été prévenue.

Effectivement, elle était à l'ouest, minimisant l'affaire puisque dans l'impossibilité de la nier. Bon, je me garderais bien de juger, sachant que les parents sont toujours les plus mal placés dans ce genre de situation.

J'ai donc dû convaincre en douceur : elle ne voyait pas l'utilité de précipiter l'arrivée de ses enfants chez nous, me dit que, effectivement, ils s'étaient aperçus de la situation 15 jours plus tôt et que la miss avait vu « son docteur et une infirmière ». Mais que ce n'était pas plus grave que ça.

La miss est quand même passée de 52 kg à 44 kg entre noël et pâques !

Négociation faite, voire imposée, sur le fait que ma nièce et son frère débarquaient dans les plus brefs délais à la maison, j'avais 2 bonnes heures devant moi pour m'informer en accéléré sur l'anorexie, n'ayant jamais été confrontée au problème.

Première question : faut-il laisser la personne se faire vomir ou l'empêcher ? Intuitivement, je penchais pour la première option. La coercision est vaine dans ce genre de situation, le problème étant dans la tête et non un problème purement mécanique.

Difficile de trouver la réponse sur Internet, mais quand on passe quelques coups de fils autour de soi, on s'aperçoit que l'anorexie sévit dur chez les jeunes filles. J'ai donc rapidement trouvé deux cas vécus par des copines ayant une proche anorexique depuis de longues années. Cas desquels ils ressortait que

1) l'origine du problème de l'anorexie était souvent le rapport à la mère

2) « l’essentiel, c’est que les parents reconnaissent la situation. Sinon, elle est perdue », me dit texto l'une d'elles

3) empêcher une anorexique de se faire vomir était vain

4) l'anorexie était en général un appel au secours.

Munie de ces vagues éléments, j’ai donc accueilli ma nièce pour le week-end, son petit frère restant pour la semaine. Avec au moins une approche en tête : si elle se faisait vomir, je la laisserais, voire même n’y prêterais pas attention.

Verdict : j’avais la position la plus confortable (c'est-à-dire pas celle de la mère).
Néanmoins, ça n’a pas été facile.

J’ai trouvé une fille en pleine crise d’adolescence (crise qui dure quand même depuis l’âge de 14 ans), ayant l’habitude que l’on réponde à ses moindres caprices, et ayant l’habitude qu’on la serve. Jamais s’il te plaît, ni merci. A l’opposé de son petit frère. Résultat d’une approche éducative résolument « copine » revendiquée par sa mère. Manifestement, le résultat n’est pas à la hauteur de la revendication.

Quant aux 3 heurs par matin passées dans la salle de bain, mes mini stroumphs piaffant d’impatience devant la porte close…

Voyant ladite nièce de loin en loin et habituée à la « chose lacaniène » par pur goût, je n’ai pas été dupe de la volonté de manipulation que porte cette anorexie.

Laquelle fut d’ailleurs reconnue à demi mots par ma nièce au détour d’une conversation menée en ultra douceur avant la séance de cinéma où je m’étais débrouillée pour me retrouver avec elle sans toute la smala.

L’objet de ce tête à tête était surtout d’arriver à établir le contact avec elle pour lui faire passer le message qu’elle pouvait faire les 400 coups mais que ce serait idiot de mettre sa santé en danger.

Le week end s’est donc passé sans trop de vagues. La miss a apprécié les légumes que j’ai cuisinés sous toutes les formes, les sorties dans Paris, le week-end reposant (pour elle, parce que pour moi…). Elle est repartie le lundi, apparemment assez contente de son week end et à mon grand soulagement.

Elle s’en va faire ses études dans une grande ville à l’automne, je pense que ça fera le plus grand bien à son besoin d’air nouveau.

Voici donc, au cas où vous rencontreriez l’anorexie au détour d’un chemin, quelques adresses absolument indispensables que je m’apprête à lui envoyer et quelques éléments clés à savoir :

En France, l’anorexie toucherait entre 30 000 et 40 000 personnes (90% de femmes).

Cette maladie, reconnue comme telle, se déclenche le plus souvent autour de 12 – 13 ans et 18 – 19 ans.

Les conséquences de l'anorexie sont très graves : anémie, ostéoporose, perte des capacités physiques et musculaires, détériorations des organes vitaux et problèmes cardiaques. Rien que ça !

La plupart du temps, le scénario est le même :

Ça commence par un régime, avec un modèle de mannequin filiforme affiché dans la chambre

Le régime devient obsession, avec la tyrannie de la balance et la sentence du miroir.

Les sites les plus intéressants sur l'anorexie :

L’incontournable dossier de M. Doctissimo 

Le site de Boulania, une ex anorexique tirée d’affaires 

Le site d’une association belge.

Les ressources du wiki de l’association anorcri. 

Le site et le livre d’une anorexique, Vittoria Pazalle.

La maison de Solenn.

J’ai pris des nouvelles de ma nièce auprès de sa mère cette semaine.

- L’anorexie ? Oh, c’est terminé. M’a-t-elle répondu en changeant de sujet de conversation.

Ben voyons !

Pour celles qui ont des proches, qui, comme ma nièce trouveraient "top stylee" d'être anorexiques, voici 2 vidéos dont un témoignage pour se remettre les idées à l'endroit  :









Copyright photos : www.photo-libre.fr
par Guylaine publié dans : Mon actualité communauté : Femmes au Foyer en Tête
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