Développement personnel, mieux gérer son temps

Publié le par Miss Desperate

La loi de Parkinson et la règle du 20/80

homme-d-bord--photo-libre.jpgIl y a quelques temps, à une soirée, je croise une relation
que je n'avais pas vue depuis des années. A l'époque, le couple partait s'installer aux Etats-Unis. J'ai eu de vagues nouvelles de loin en loin. Ils ont passé plusieurs années aux States puis quelques temps dans les pays nordiques.

Je n'ai pas pu m'empêcher de poser LA question :


- Alors, vous êtes revenus en France ? Pas trop dure, la réadaptation ?

Pour avoir de nombreuses fois posé la question à des gens partis s'installer à l'étranger puis revenus, je connaissais d'avance la réponse, assez invariable.

Là, elle a dépassé toutes mes espérances ; j'ai eu droit à un cri du coeur :

- Oh là là ! Si. Il est quasiment impossible de se réhabituer au mode de vie français ! On n'a qu'une envie, c'est repartir !

- Ah ? Ai-je demandé benoîtement, et pourquoi ?

Et le couple de me dresser une liste déjà souvent entendue. Le système scolaire qui, en France, est une boîte à bac qui gave les enfants de connaissances en mode années 50, la connaissance étant un moyen et non un but en soi ; la (fameuse) liberté d'entreprendre tellement plus grande dans les pays anglo-saxons, le rapport au monde différent, etc.

J'aurais pu opposer une liste décrivant le bien être du mode de vie à la française tout aussi longue, mais c'était la fin de la soirée et je n'avais pas envie de discuter. Un point de la liste a retenu mon attention.

- Et puis, on a tellement plus de loisirs là bas, m'a dit Paul d'un air désespéré.

- Ah bon ? Mais pourtant ici, nous sommes au pays des RTT et des 5 semaines de vacances, tout de même. Aux US, si je me souviens bien, c'est plutôt 15 jours de vacances par an, non ?

- Oui, mais ici, on reste englués dans l'illusion du 9 – 19.

- L'illusion du 9 – 19 ?

- Oui. Là bas, on arrête de travailler à 17h. A 18h, au pire, on est à la maison. Je passais beaucoup plus de temps avec les enfants et à mes loisirs. Ici, si tu pars du bureau avant 19 – 20 h, tu gagnes rapidement le grade de fumiste. Là bas, si tu pars à ces heures là, tu es considéré comme non efficace. Et de fait, tu as des journées beaucoup plus efficaces sur un temps plus court.

J'avais déjà entendu ce discours. Il semble que la même culture sur ce sujet prédomine en Allemagne. Cela fait partie des us, coutumes et codes de conduite des entreprises, lesquelles varient effectivement en fonction des lieux géographiques et des secteurs d'activités.

Cette conversation m'a évoqué ma propre difficulté à gérer le temps et les trucs que j'ai dû piquer aux Américains, justement, pour mieux gérer celui-ci et sortir de la spirale infernale du bon vieux métro boulot dodo.

Cela fonctionne très bien si l'on se fixe des objectifs. Le mien était de récupérer du temps pour moi, des plages de plaisir qui étaient identifiées comme plus assez nombreuses.
Or, si les plages de plaisir diminuent le stress ne redescend plus. C'est une histoire de soupape de sécurité en quelque sorte.

Nous avons donc la Loi de Parkinson et la loi Pareto.

La Loi de Parkinson expose qu'une tâche grossira en importance et en complexité – perçue – à la mesure du temps alloué pour la réaliser.

L'économiste Wilfried Pareto est à l'origine du principe du 20/80 que l'on connaît bien et que l'on utilise au quotidien chez des entreprises telle que La Redoute ou Les 3 suisses. Le moindre assistant en marketing direct en a fait en pratique son credo universel : 20% des clients génèrent 80% du chiffre d'affaires.

Lorsqu'on y prend garde, on croise souvent ce principe : 80% d'une richesse d'un pays sont produits et possédés par 20% de la population, par exemple, ou 80% des résultats découlent de 20% de l'effort et du temps passé, etc. La liste est immense et le rapport est parfois même encore plus déséquilibré. Rapporté à la gestion du temps, ça donne
évidemment : 20% des actions produisent 80% des résultats.

5690449005_d8d8e87258.jpgCes deux concepts sont les bases d'une meilleure gestion du temps.
A partir de là, on peut déjà débuter l'analyse par deux questions :

- quelles sont les 20% de sources qui seraient la cause de 80% de mes problèmes et de mon déplaisir ?

- quelles sont les 20% de sources qui produiraient 80% de mes résultats souhaités et de mon bonheur ?


Une fois les éléments listés, on a déjà les idées plus claires sur ce que l'on doit éliminer ou changer pour augmenter le plaisir et diminuer les sources de stress.

2è étape : remise en cause du dogme 9h – 19h (dans le cas, évidemment, où l'on est en horaire libre, ce qui concerne déjà l'ensemble des cadres de ce pays).

Pourquoi 9h – 19h ?
Et pourquoi pas 9h – 16 h ou 9h – 23h ?
Il suffit de réfléchir à une journée type au bureau pour lister un nombre incroyable de sources de perte de temps : le ou la collègue pompeur d'énergie (la pire situation), les allers-retours jonglages incessants entre différents dossiers, les chefs atteints de réunionite aigue, la gestion des emails qui prend des proportions démesurées, les allers retours à la machine à café (quelques fois oui, mais 15 fois par jour, n'y a-t-il pas un problème) ? Etc.

On peut faire la même liste concernant la vie à la maison (les allers-retours 3 fois dans le même magasin parce que l'on a oublié la liste de course à la maison, le retour de l'école en catastrophe le matin parce qu'on a oublié la fiche à ramener au directeur, les clés oubliées deci delà, etc.)

Une fois que l'on a donc une meilleure analyse de la situation (donc de l'endroit où l'on se situe en quelque sorte), on peut visualiser très facilement le point où l'on veut aller : optimiser son temps, c'est se dégager du temps pour soi ou pour ceux qu'on aime. Bref, du temps – plaisir en plus.

Une fois les choses posées, il n'y a plus qu'à...


D'après mon expérience, le meilleur programme pour y arriver est le suivant :

1) Se poser 3 fois par jour 2 questions :

- suis-je productive ou seulement active (traduction : j'avance efficacement ou je m'agite et brasse de l'air) ?

- Est-ce que je m'invente des choses à faire pour éviter d'aller à l'essentiel (genre aller voir ma boîte emails 24 fois par jour) ?

2) Lister toutes les sources de perte de temps. Les éliminer ou les diminuer notablement.


3) Sérier les priorités et aller à l'essentiel.

4) Se fixer des échéances courtes et se lister des objectifs.

Les objectifs peuvent aussi bien concerner une optimisation du temps de travail qu'un changement de mode de vie.

Voilà donc une bonne nouvelle. Je n'ai pas besoin d'aller m'installer à l'étranger pour améliorer mon temps-plaisir.

En résumé : meilleure gestion du temps + élimination des plages de déplaisir = diminution du stress.

C'est une équation toute simple, finalement ! 

 

     

Mise à jour 2013 : retrouvez plus de ressources sur mon blog Rituels antistress 

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Publié dans Je brise mes chaînes

Commenter cet article

réa 22/04/2008

moi, je gère mes horaires comme je veux (merci la pointeuse) et je ne suis pas cadre. donc j'échappe au dogme du 9-19... c'est déjà ça de pris...

Val 24/04/2008

j'ai beau bosser dans la fonction publique, étant cadre je n'échappe pas au syndrome 9-19! Cela étant, j'essaie de progresser dans ma gestion du temps, et j'ai profité d'un changement de poste pour moins me disperser. Et je sais ne plus culpabiliser quand je peux rentrer plus tôt en période creuse!
Je relirai ce soir avec attention ton article, plein de bonnes idées!
Allez hop, bientôt 9h!

Stelda 19/01/2012


Ces conseils sont excellents, je vais les suivre. merci beaucoup!