Travailler plus pour gagner plus ? J'ai dû prendre le mode d'emploi à l'envers. Je travaille toujours plus, je gagne toujours moins !
Le temps passant, mes activités professionnelles et extra professionnelles sont toujours plus nombreuses, celles de mère de famille et de
maîtresse de maison aussi, mes réseaux (physiques, virtuels, etc.) s'étendent ; je suis face à toujours plus d'offres d'informations, de magazines, de choix de sorties
culturelles ; les publications de livres explosent chaque année un nouveau record de volume, à moi les courses derrière les critiques pour arriver à sélectionner les livres qui à
priori m'intéressent - bien entendu, j'en lis une partie en lecture rapide - ; je multiplie les agrégateurs de fils rss et autres petits outils bien pratiques pour se faciliter la navigation dans cette
offre pléthorique ; IPhone vient à mon secours de femme débordée et me propose des applications sur-mesure. Celle qui coache
mon poids, celle qui coache mon fitness, celle qui coache mes abdos, celle qui fait podomètre, etc.
Bref, ma vie quotidienne d'Européenne bien dans son temps oscille, par phases ultra rapprochées entre le marathon et le sprint.
Alors, forcément, au bout de quelques milliers de kilomètres parcourus au pas de course dans cette milky way de possibles quotidiens, on finit toujours pas croiser un ou deux ovnis navigant à contre courant (milky way = voie lactée, je précise pour les non anglophones. Parce que la femme Européenne moderne anglicise son parler, bien sûr, puisqu'elle s'informe pour moitié en anglais si elle veut garder un œil sur le monde).
Eloge de la lenteur, du journaliste britanique Carl Honoré, est l'un de ces ovnis. Sa 4è de couverture pose d'emblée
l'affaire :
« Aujourd'hui, la culture est à la rapidité. Mais dans cette course contre la montre, rien ne survit - notre travail, notre santé, nos relations, notre vie sexuelle. Nous sommes si pressés que la personne ou la chose qui nous ralentit représente, d'emblée, l'ennemi à abattre.
Tout un courant d'opinion met en question ce culte de la vitesse et réaffirme les vertus de la lenteur. Baptisé « slow », il ne prétend nullement qu'il faut tout faire à une allure d'escargot mais souligne que notre qualité de vie passe par un meilleur équilibre entre rapidité et lenteur ».
La recherche de Carl Honoré est celle-ci : et si un bon usage de la lenteur pouvait rendre nos vies plus riches et plus productives ?
L'ouvrage - un best seller international traduit en plus de 20 langues -, écrit sur un ton typiquement anglo saxon, se lit facilement et a le mérite de... remettre les pendules à l'heure.
Dans la même lignée, d'autres livres abordent le sujet :
L'antique ouvrage de Paul Lafargue, Le droit à la presse, initialement publié en 1880. Un classique. Evidemment à replacer dans le contexte de l'époque. L'auteur y développe un manifeste social dans la droite mouvance de Karl Marx.
Plus récent, Eloge de l'oisiveté, de Bertrand Russell (2002). L'approche est sur l'angle du surmenage, de plus en plus prégnant, mis en regard des méthodes de production modernes qui permettent de s'affranchir du travail physique.
L'art de ne rien faire, de la philosophe Catherine Laroze (2002), qui y analyse l'idée que notre société nous pousse à « faire » plutôt qu'à « être ».
Le plus pratique et plus subversif, La semaine de 4
heures, de l'américain Timothy Ferris, prend une certaine résonance au pays traumatisé par les des 35 heures. Sur l'idée « on ne
peut tout de même pas perdre sa vie à la gagner », il y développe toute une série de conseils pratiques pour devenir un des « nouveaux bienheureux » sont il décrit la
philosophie et le mode de vie.
Attention, hein, l'auteur qui sous titre son livre « travaillez moins, gagnez plus
et vivez mieux » n'est pas du genre « pas trop vite le matin et doucement le soir, je laisse ma vie couler ».
Il se définit comme un « entrepreneur en série » et
« ultra-vagabond ». Il parle 6 langues, dirige une entreprise qui distribue en ligne des compléments alimentaires, détient un titre de record en Tango, est maître de
conférence à Princeton et plongeur sous-marin... entre autres. Non, il n'est pas âgé de 80 ans mais bien de 30 ans. Bon, évidemment, on doit passer par le style américain toujours un peu
ardu à traduire du côté de notre bonne vieille culture de la vieille Europe.
Peut-être suis-je sur la voie en recherchant une brusque lenteur, finalement. Peut-être même finirai-je par me démontrer que l'on peut travailler moins pour gagner plus... de sérénité !
Sur ce, bon courage aux travailleurs du week end, je m'en vais buller jusqu'à lundi (ce qui ne m'est pas arrivée depuis... des lustres). Chiche !
Petit lexique du surmenage sur passeport santé.
Du côté du Canada, sur l'idée d'équilibrer vie professionnelle et vie de famille.
Le surmenage vu par la médecine chinoise.
Crédit photo : photo-libre.fr
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